En 1898, les eaux du Bocq sont intégrées au réseau de distribution de la capitale et le conseil communal de Saint-Gilles-lez-Bruxelles décide de placer une fontaine-candélabre au milieu du carrefour de la barrière Saint-Gilles destinée à abreuver les passants et leurs attelages. Jusqu’alors, cette tâche revenait aux porteuses d’eau, qui allaient puiser l’eau à la place Morichar et multipliaient les allers-retours, leurs seaux pleins à bout de bras. La création fut confiée à l’architecte Alban Chambon.
La partie inférieure et les vasques étaient en granit tandis que la colonne du piédestal de 1,40m de diamètre, en grès flambé, était ornée de quatre lanternes en bronze doré. La fontaine était surmontée d’une statuette en bronze doré réalisée par le sculpteur Julien Dillens et appelée « La Porteuse d’eau ».
La convention signée entre Alban Chambon et la commune stipulait que l’œuvre devait être terminée et mise en place au plus tard le 1er mai 1899. Elle ne fut mise en service qu’en avril 1900. En 1902, un litige nait entre les contractants car le grès de la colonne montra une fêlure. En 1907, la fontaine fut nettoyée et remastiquée au ciment artificiel. En 1929, les lanternes disparurent. En 1932, la fontaine est démontée et la statue de « la porteuse d’eau » est transférée vers l’Avenue du Parc à la place occupée aujourd’hui par le buste du Roi Albert 1er.
Le 31 janvier 1974, le conseil communal décide la réédification d’une fontaine au milieu de la barrière et d’y remettre la porteuse d’eau à son sommet. Le projet est confié à l’architecte Jean Delhaye et la nouvelle fontaine est mise en service au cours de l’été 1977. Une dizaine d’années plus tard, et après de multiple dégradations, une copie en bronze remplace la statue originale conservée dans une vitrine de l’Hôtel de Ville.
En 2026, la porteuse d’eau fait l’objet d’une restauration durant les travaux de voierie et du tram à la Barrière de Saint-Gilles. Elle devrait retrouver sa place dans le courant du second semestre 2027.